Une équipe gouvernementale a effectué, le vendredi 17 avril 2026, une visite d’inspection dans le quartier de Solino, dans une perspective de la mise en œuvre du projet pilote « Retour au quartier Solino ». Cette mission s’inscrit dans une dynamique de réponse structurée face à la crise humanitaire et sécuritaire qui affecte plusieurs zones de la capitale. Elle visait principalement à évaluer l’ampleur des dégâts, identifier les besoins prioritaires des populations et poser les bases d’une intervention coordonnée axée sur la reconstruction durable et l’intégration socio-économique des jeunes.
Sur le terrain, les membres de la délégation ont pu constater l’état de dégradation avancé de certaines infrastructures, les traces visibles de violences, ainsi que les conditions précaires dans lesquelles évoluent encore de nombreuses familles. Cette descente s’inscrit dans une approche globale adoptée par les autorités, qui entendent combiner relèvement physique des quartiers, accompagnement social et création d’opportunités économiques.
La délégation était composée du ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), M. Pythagore Dumas, de représentants de l’Hôtel de Ville de Port-au-Prince, dont le maire principal M. Yves Andrel Salomon, de la coordinatrice du projet « Back to Solino quartier », Mme Pascale Oriolle, également directrice régionale de la DINEPA, ainsi que de représentants de l’ULCBP et du ministère de la Santé publique. La présence de ces différentes institutions témoigne d’une volonté de mutualiser les efforts pour apporter une réponse multisectorielle aux défis auxquels fait face le quartier. S’exprimant au nom du Premier ministre, le ministre du MJSAC a réaffirmé la solidarité du gouvernement envers les populations affectées, soulignant la nécessité d’agir rapidement tout en s’inscrivant dans une logique de durabilité. Il a annoncé une série de mesures immédiates pour répondre à l’urgence, tout en présentant une vision à moyen et long terme.

Parmi les actions annoncées figure la mise en place d’un programme national de formation destiné à 5 000 jeunes. Ce programme vise à favoriser leur insertion professionnelle et leur autonomie économique, en les orientant vers des métiers techniques porteurs tels que le soudage, la mécanique moto et l’installation de systèmes solaires. À travers cette initiative, les autorités entendent non seulement répondre à la problématique du chômage des jeunes, mais aussi contribuer à la reconstruction du tissu économique local. De son côté, Mme Pascale Oriolle a souligné que cette mission marque une étape fondatrice dans le processus de reconstruction de Solino. Selon elle, il ne s’agit pas simplement de reconstruire des infrastructures, mais de repenser le quartier dans une logique de résilience, d’inclusion et de développement durable. Elle a insisté sur l’importance d’une planification rigoureuse et d’une implication active des communautés locales. Dans le même sens, le président de la commission municipale de Port-au-Prince a réaffirmé l’engagement de la mairie à accompagner ce processus. Il a évoqué la nécessité de restaurer la dignité des citoyens à travers des actions concrètes, structurantes et inclusives, en mettant l’accent sur la participation communautaire et la transparence dans la mise en œuvre des projets.

Cette visite s’inscrit dans le cadre du suivi des recommandations du comité de pilotage chargé de la reconstruction du quartier de Solino. Parmi les priorités identifiées figurent le renforcement de la sécurité, condition essentielle à tout retour des populations, l’intensification de l’assistance sociale pour les familles les plus vulnérables, le déploiement de services de soutien psychosocial, les campagnes d’assainissement pour améliorer les conditions sanitaires, ainsi que la relance progressive des activités économiques.
Au-delà de l’aspect technique, ce projet se veut également porteur d’un message fort : replacer les communautés au centre des politiques publiques. Les autorités affirment ainsi leur volonté de traduire leurs engagements en actions concrètes, en impliquant directement les habitants dans les différentes phases du processus de reconstruction. Le projet « Retour au quartier Solino » apparaît, dans cette optique, comme un levier stratégique visant à faciliter un retour sûr, digne et durable des populations déplacées. Il ambitionne également de contribuer à la stabilisation de la zone et à la revitalisation des quartiers les plus durement touchés par les violences et les crises successives.

Cependant, au-delà des annonces et des intentions affichées, de nombreuses interrogations persistent au sein de l’opinion publique. Ce projet marque-t-il réellement le début de la fin des camps d’hébergement ? Les conditions sécuritaires seront-elles effectivement réunies pour permettre un retour sans risque des familles ? Les moyens financiers et logistiques seront-ils à la hauteur des ambitions affichées ?
Autant de questions qui demeurent en suspens et qui conditionneront la réussite de cette initiative. Car si l’espoir d’un retour à la normale se dessine pour les habitants de Solino, la concrétisation de cette vision dépendra avant tout de la capacité des autorités à transformer les promesses en résultats tangibles et durables.