Alors que la situation sécuritaire continue de se dégrader dans plusieurs régions du pays, la localité de Seguin, dans le Sud-Est, a été une fois de plus le théâtre d’actions violentes de gangs armés. Des attaques meurtrières, l’incendie d’un commissariat et des déplacements massifs de population traduisent l’ampleur de la crise à laquelle font face les autorités haïtiennes.
Dans ce contexte particulièrement tendu, la Direction Générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH) redouble d’efforts pour renforcer ses capacités opérationnelles et stratégiques à travers une coopération internationale accrue. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la rencontre tenue le mercredi 15 avril 2026 entre le Haut Commandement de la PNH et une délégation multinationale de haut niveau. Conduite par le Commandant en chef de la Force de Répression des Gangs (FRG), le Major Général Erdenebat Batsuuri, issu de l’armée mongole, cette délégation comprenait plusieurs officiers supérieurs provenant de la Mongolie, du Tchad et du Sri Lanka. Leur présence en Haïti s’inscrit dans le cadre d’un partenariat visant à apporter un appui technique, stratégique et opérationnel dans la lutte contre les groupes armés. Accueillie peu après son arrivée sur le territoire national, la délégation a pris part à une réunion stratégique avec les plus hautes autorités de la PNH. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coordination entre les forces haïtiennes et la FRG, notamment en ce qui concerne le partage de renseignements, la planification d’opérations conjointes et l’amélioration des dispositifs d’intervention sur le terrain.

Selon des sources proches du dossier, l’accent a également été mis sur la nécessité d’adapter les stratégies de lutte face à des gangs de plus en plus structurés, mobiles et lourdement armés. La question du contrôle territorial, enjeu central dans cette crise, a été au cœur des discussions, avec l’objectif affiché de reconquérir progressivement les zones sous l’emprise des groupes criminels.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les limites des précédentes interventions internationales, notamment après le retrait des contingents kényans, dont la mission n’a pas permis d’enrayer durablement l’expansion des gangs. Cette situation a conduit les autorités haïtiennes à repenser leur approche en matière de coopération sécuritaire, en diversifiant leurs partenaires et en misant sur des collaborations plus ciblées et opérationnelles.
Au-delà de l’appui militaire, cette coopération multinationale vise également à renforcer les capacités institutionnelles de la PNH, notamment en matière de formation, de renseignement et de gestion des crises. Pour le Haut Commandement, il s’agit d’un levier essentiel pour faire face à une insécurité devenue systémique et restaurer progressivement l’autorité de l’État dans les zones les plus affectées. Cependant, malgré ces efforts, de nombreux défis persistent. Le manque de moyens, la complexité du terrain, ainsi que l’enracinement des gangs dans certaines communautés compliquent la mise en œuvre rapide et efficace des opérations. Par ailleurs, la population, durement touchée par les violences, continue d’exprimer des attentes pressantes en matière de sécurité et de protection.

Dans ce climat d’urgence, la rencontre avec la délégation dirigée par le Major Général Erdenebat Batsuuri apparaît comme un signal fort de la volonté des autorités haïtiennes de ne pas rester isolées face à la crise. Reste à savoir si cette nouvelle dynamique de coopération permettra d’obtenir des résultats concrets et durables sur le terrain, dans un pays où la question sécuritaire demeure l’un des défis les plus critiques.
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