La tension est montée d’un cran dans le Sud-Est d’Haïti, où la colère populaire s’est exprimée avec force dans les rues de Jacmel. Ce mercredi, plusieurs centaines de citoyens ont participé à une manifestation d’ampleur pour dénoncer l’insécurité croissante et l’extension des violences attribuées à des groupes armés dans la région de Seguin, commune de Marigot.
Selon des informations recueillies auprès de témoins et d’habitants de la zone, une attaque particulièrement violente aurait été menée récemment par des individus lourdement armés. Cette offensive aurait causé plusieurs pertes en vies humaines et provoqué d’importants dégâts matériels, plongeant la communauté dans la peur et l’incertitude. Bien que le bilan exact n’ait pas encore été officiellement confirmé, l’ampleur des violences est décrite comme dramatique par les riverains.
L’un des faits les plus marquants de cette escalade de violence reste l’incendie d’un commissariat de police lors des affrontements et des mouvements de panique qui ont suivi l’attaque. Ce symbole de l’autorité de l’État réduit en cendres illustre, selon plusieurs habitants, la fragilité des institutions face à la progression des gangs armés dans certaines zones du pays. À Jacmel, la mobilisation a rapidement pris une dimension populaire et spontanée. Dès les premières heures de la journée, des groupes de citoyens, des jeunes, des commerçants et des acteurs de la société civile ont convergé vers les principales artères de la ville. Munis de pancartes, de branches d’arbres et vêtus pour certains de vêtements noirs en signe de deuil, ils ont exprimé leur exaspération face à une situation qu’ils jugent hors de contrôle. Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant l’inaction des autorités et l’absence de réponse concrète face à la montée de l’insécurité. « L’État est absent », « Nou bouke ak ensekirite » (Nous en avons assez de l’insécurité), ou encore « Sécurité pou pèp la » ont résonné dans plusieurs quartiers de la ville.

Plusieurs intervenants ont pris la parole au cours de la mobilisation pour exprimer leur inquiétude. Ils estiment que les autorités centrales n’ont pas pris les mesures nécessaires pour empêcher l’expansion des groupes armés, qui ne se limiteraient plus à la capitale mais gagneraient progressivement d’autres régions du pays. Certains manifestants parlent même d’un risque de perte de contrôle progressive de certaines zones rurales et urbaines. Cette situation alimente un profond sentiment d’abandon au sein de la population. Les habitants dénoncent une insécurité devenue omniprésente, affectant non seulement la libre circulation, mais aussi les activités économiques, scolaires et sociales. Dans plusieurs témoignages, des citoyens affirment vivre dans la peur constante, limitant leurs déplacements et leurs activités quotidiennes. Au-delà de la colère, les manifestants appellent les autorités à adopter des mesures urgentes et concrètes pour restaurer la sécurité. Ils réclament notamment un renforcement de la présence des forces de l’ordre, une meilleure protection des zones vulnérables et une stratégie claire pour démanteler les groupes armés actifs dans la région.

Pour l’heure, les autorités locales et nationales n’ont pas encore publié de bilan officiel détaillé concernant l’attaque de Seguin. Aucune communication claire n’a non plus été faite sur d’éventuelles opérations de sécurisation dans la zone concernée. Cette absence d’informations renforce l’inquiétude et la frustration des populations locales.
En attendant des réponses institutionnelles, la situation reste tendue dans le Sud-Est, où la population continue de vivre entre peur, indignation et incertitude face à une insécurité qui semble s’aggraver de jour en jour.
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