Le compte à rebours est lancé pour le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Chaque jour qui passe rapproche davantage son gouvernement de la fin d’un cycle marqué par l’incertitude, l’impuissance et l’effondrement progressif de l’État. Il ne lui reste désormais que 17 jours à la tête du pays, et le bilan apparaît déjà comme l’un des plus sombres de la transition politique haïtienne.

Selon l’article 149 de la Constitution de 1987 amendée, Alix Didier Fils-Aimé ne disposait que de 120 jours pour remettre le pays sur les rails, restaurer l’autorité de l’État et redonner un minimum d’espoir à une population épuisée par la violence, la misère et l’instabilité. Mais ces 120 jours se sont transformés en 120 jours de paralysie nationale.

Une gouvernance sans direction

Rien ne fonctionne. Tout va de travers.

L’insécurité continue de dévorer le pays. Les gangs imposent leur loi pendant que les autorités donnent l’impression d’observer le chaos sans véritable stratégie. Les citoyens vivent dans la peur permanente. Les familles fuient leurs quartiers. Les activités économiques s’écroulent. L’État perd du terrain chaque jour un peu plus.

La gouvernance d’Alix Didier Fils-Aimé ressemble à une politique d’effondrement systématique. Aucune vision claire. Aucun signal fort. Aucun leadership capable de rassurer la nation.

Au lieu d’une transition de redressement, le pays assiste à une transition de destruction lente, où les institutions s’affaiblissent et où le vide politique s’installe dangereusement.

L’autorité de l’État en chute libre

Le plus alarmant reste cette impression d’abandon généralisé. Un Premier ministre de transition devait agir avec urgence, courage et fermeté. Or, sous Alix Didier Fils-Aimé, l’urgence semble absente, la fermeté invisible et les résultats introuvables.

Pendant que le pouvoir hésite, les groupes armés avancent. Pendant que les autorités multiplient les discours, la population s’enfonce dans le désespoir. La machine étatique paraît paralysée, incapable de reprendre le contrôle du territoire national.

Chaque jour qui passe fragilise davantage la crédibilité du gouvernement et accentue la colère populaire.

Les promesses brisées de la transition

Les 120 jours qui devaient symboliser une renaissance politique deviennent le symbole d’un pouvoir incapable de répondre aux attentes populaires. La population espérait des décisions fortes ; elle récolte la confusion. Elle attendait le retour de l’autorité ; elle assiste à l’expansion du désordre.

La transition devait être une période de stabilisation. Elle est devenue un laboratoire d’incertitudes, d’improvisations et d’échecs répétés.

Une fin de mandat sous le poids de l’échec

À seulement 17 jours de l’échéance, une question hante désormais l’opinion publique : cette transition aura-t-elle servi à sauver le pays ou à accélérer sa destruction ?
Le temps presse. Et les jours d’Alix Didier Fils-Aimé comptent désormais contre lui.

Le verdict d’un peuple abandonné

L’histoire politique d’Haïti est déjà remplie de transitions ratées, de promesses trahies et de dirigeants incapables de répondre à l’urgence nationale. Mais les 120 jours d’Alix Didier Fils-Aimé risquent de laisser une empreinte encore plus lourde : celle d’un pouvoir sans autorité, sans vision et sans résultats.

Pendant que le peuple souffre, le pays continue de sombrer. Pendant que les citoyens enterrent leurs morts, fuient leurs maisons et survivent dans la peur, le gouvernement donne l’image d’un navire sans capitaine, perdu au milieu de la tempête nationale.

Le verdict populaire est brutal : cette transition n’a pas rassuré la nation, elle l’a plongée davantage dans l’angoisse et l’incertitude. Les 120 jours annoncés comme une période de redressement auront finalement ressemblé à 120 jours de dérive politique et d’effondrement accéléré.

Et lorsque les derniers jours d’Alix Didier Fils-Aimé arriveront à leur terme, il ne restera peut-être qu’une seule question dans la mémoire collective : comment un pays déjà à genoux a-t-il pu être laissé dans un tel état d’abandon ?

Abdias DENIS
Spécialiste en Développement 
Politologue - Philosophe 
Professeur -Journaliste 
Essayiste - Pamphletaire