Plusieurs organisations et regroupements politiques de l’opposition ontrejeté les démarches entreprises par le gouvernement en vue de l’organisation des élections prévues dans le calendrier électoral 2026-2027.
Lors d’un Sit-in ce 28 juillet 2026 devant le bureau de l'Organisation des États Américains OEA, le porte-parole de l’organisation, Jean Charles Guerrier, a qualifié l’initiative du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de «farce électorale», estimant que le processus engagé ne répond pas aux véritables défis politiques et sécuritaires auxquels le pays est confronté. Selon M. Guerrier, les conditions actuelles ne sont pas réunies pour garantir la tenue d’élections crédibles et inclusives. Il a affirmé que le processus risque d’échouer en raison de l’insécurité persistante et du manque de consensus entre les principaux acteurs politiques. Le porte-parole a également soutenu que les motivations derrière l’organisation des élections suscitent des interrogations au sein d’une partie de l’opposition. Il a notamment avancé que l’objectif réel du processus serait lié à la préservation de certains intérêts contractuels, une affirmation qu’il n’a toutefois pas étayée publiquement par des preuves. Par ailleurs, Jean Charles Guerrier a réitéré le soutien de son organisation à la mise en place d’un exécutif bicéphale, qu’il considère comme une alternative susceptible de favoriser une gouvernance plus consensuelle durant la période de transition. Ces déclarations interviennent alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) a récemment publié le calendrier électoral prévoyant la tenue du premier tour des élections présidentielles et législatives le 13 décembre 2026, ainsi que le second tour et les élections des collectivités territoriales le 21 février 2027. Jusqu’à présent, ni la Primature ni le CEP n’ont réagi officiellement aux critiques formulées par l'opposition plurielle.
Dans une déclaration publique, les responsables de l’opposition ont critiqué le bilan de l’actuel gouvernement, affirmant que les mesures mises en œuvre jusqu’à présent n’ont pas permis d’améliorer de manière significative les conditions de vie de la population ni de rétablir l’autorité de l’État dans les zones affectées par la violence des groupes armés. Les dirigeants de cette coalition estiment qu’un changement de leadership est nécessaire pour restaurer la confiance de la population et favoriser la mise en place d’un climat propice à la tenue d’élections crédibles.
Cette revendication intervient alors que le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) multiplient les réunions de travail en vue de l’application du calendrier électoral 2026-2027, dont le premier tour des élections présidentielles et législatives est prévu pour le 13 décembre 2026.
De son côté, le gouvernement n’a pas encore réagi officiellement à ces demandes. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a récemment réaffirmé que ses priorités demeurent le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections permettant le retour à l’ordre constitutionnel. L’évolution de ce bras de fer politique pourrait avoir des répercussions sur le climat politique à l’approche des prochaines échéances électorales, alors que plusieurs acteurs appellent à un consensus national pour faire face aux défis du pays.
Alors que le gouvernement et le Conseil électoral provisoire affirment leur volonté de conduire le pays vers les élections de 2026-2027, les critiques formulées par une partie de l’opposition témoignent de la persistance des divergences sur la voie à suivre pour sortir de la crise. Dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements massifs de population et les défis logistiques liés à l’organisation du scrutin, plusieurs interrogations demeurent: les conditions sécuritaires permettront-elles réellement la tenue des élections aux dates prévues? Les ressources financières nécessaires seront-elles disponibles à temps ? Les centaines de milliers de déplacés internes pourront-ils exercer leur droit de vote? Enfin, le processus électoral parviendra-t-il à rallier un consensus suffisant pour garantir la légitimité des futures autorités élues?
Autant de questions qui continuent d’alimenter le débat politique à quelques mois d’un rendez-vous électoral présenté comme décisif pour l’avenir institutionnel du pays.