• Une séance de rattrapage de deux jours a été organisée les 25 et 27 juillet 2026 au Palais national sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Cette rencontre de travail visait à harmoniser les actions de l’administration publique en vue de l’exécution du calendrier électoral officiellement transmis au chef du gouvernement par le Conseil électoral provisoire (CEP) le 23 juillet 2026.

Selon ce calendrier, la campagne électorale pour le premier tour des élections présidentielles et législatives débutera le 5 octobre 2026 et prendra fin le 12 décembre 2026. Le premier tour du scrutin est prévu pour le 13 décembre 2026. Si ce calendrier est respecté, les électeurs haïtiens seront appelés à se rendre aux urnes pour élire leurs représentants après une longue période marquée par l’absence d’élections générales et la prolongation de la transition politique. Ce rendez-vous électoral est considéré comme une étape importante pour le rétablissement de la légitimité démocratique et le retour à un fonctionnement normal des institutions de l’État.

Toutefois, plusieurs interrogations demeurent quant à la capacité du pays à réunir toutes les conditions nécessaires à la tenue du scrutin. La question sécuritaire reste au centre des préoccupations, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince où de nombreux quartiers demeurent affectés par la violence des groupes armés. Des maisons entièrement détruites, des infrastructures sanitaires disparaît, À cela s’ajoute la situation de milliers de personnes déplacées internes vivant encore dans des camps d’hébergement temporaires. Leur relocalisation constitue un enjeu majeur non seulement sur le plan humanitaire, mais également pour garantir leur pleine participation au processus électoral. Dans cette perspective, plusieurs observateurs estiment que la réussite des élections dépendra aussi de la capacité des autorités à apporter des réponses concrètes aux besoins des familles déplacées. Ces citoyens, contraints d’abandonner leurs maisons en raison de l’insécurité, doivent pouvoir retrouver des conditions de vie dignes avant de participer à l’exercice démocratique.

Les séances de travail organisées par le gouvernement avec les différentes institutions publiques pourraient ainsi permettre d’intégrer ces préoccupations dans la planification électorale. Car au-delà de l’organisation technique du scrutin, l’un des principaux défis demeure l’inclusion de tous les citoyens dans le processus démocratique, y compris ceux qui vivent encore dans les camps de déplacés. À quelques mois des échéances électorales, la relocalisation des personnes déplacées apparaît donc comme l’un des dossiers prioritaires que les autorités devront traiter afin de garantir des élections inclusives, crédibles et représentatives de l’ensemble de la population haïtienne.

À moins de cinq mois des élections prévues le 13 décembre 2026, plusieurs interrogations demeurent quant à la capacité des autorités à respecter le calendrier électoral dans un contexte marqué par l’insécurité et la crise humanitaire. La capitale, où des milliers de personnes vivent encore dans des camps d’hébergement après avoir fui la violence des gangs, sera-t-elle prête pour ce rendez-vous démocratique?

L’État parviendra-t-il à relocaliser les familles déplacées avant le début du scrutin? Les conditions sécuritaires permettront-elles l’ouverture des bureaux de vote dans les zones les plus affectées? Les citoyens déplacés pourront-ils exercer pleinement leur droit de vote malgré leur situation précaire?
Alors que le gouvernement multiplie les réunions stratégiques avec le CEP et l'administration publique et affirme sa volonté d’organiser des élections crédibles, la réussite du processus dépendra non seulement de la mobilisation institutionnelle, mais aussi de la capacité des autorités à répondre aux attentes de milliers d’Haïtiens qui aspirent à retrouver un foyer, la sécurité et leur place dans la vie démocratique du pays. Le compte à rebours est lancé, mais le défi reste immense.

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