La peur a de nouveau gagné les rues de Kenscoff. Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août, des hommes armés ont attaqué plusieurs localités de cette commune située dans les hauteurs de Petion-Ville, au sud de la capitale semant la panique parmi les habitants Kenscovites.

Selon les informations recueillies sur place et rapportées par plusieurs sources, plusieurs médias en Haïti où à l'étranger, les assaillants ont pris pour cible des habitations et plusieurs secteurs de la commune non Loin du commissariat de Kenscoff. Des maisons ont été incendiées et plusieurs habitants ont été tués. Des familles ont également été contraintes de quitter leurs domiciles pour échapper aux violences. Les violences se sont poursuivies durant une grande partie de la nuit. Des affrontements ont opposé les hommes armés aux forces de l’ordre, tandis que des tirs nourris ont été entendus dans différents quartiers. Au petit matin, l’ampleur des dégâts apparaissait déjà considérable. Des habitants ont découvert des corps dans les rues et autour des habitations touchées. 

Le maire de Kenscoff, Jean Massillon, a indiqué qu’il était encore impossible d’établir un bilan définitif des victimes, notamment en raison des difficultés d’accès et de communication. Des habitants pris au piège Dans plusieurs zones, des familles seraient restées confinées chez elles pendant les affrontements. D’autres ont dû fuir leurs quartiers pour se mettre à l’abri. Des informations font également état de personnes retenues au mains des bandits pendant l’attaque. Plusieurs édifices, dont des lieux de culte, auraient été touchés ou incendiés. Ces informations restent toutefois susceptibles d’évoluer au fur et à mesure que les équipes pourront accéder aux zones affectées. Les forces de sécurité ont tenté de contenir l’avancée des assaillants. Selon des informations locales, À la suite du massacre, le directeur général de la PNH, Vladimir Paraison, a déployé des moyens pour neutraliser les gangs.

Une commune régulièrement attaquée Cette nouvelle attaque rappelle la vulnérabilité de Kenscoff, régulièrement confrontée aux offensives de groupes armés. En juillet déjà, des attaques dans la localité de Robin avaient fait plusieurs morts, provoqué l’incendie de maisons et entraîné le déplacement de nombreuses familles. La répétition de ces violences suscite une inquiétude croissante chez les habitants, qui réclament une présence permanente et des opérations de sécurité capables de protéger durablement la population. Des élections annoncées malgré l’insécurité Cette nouvelle flambée de violence intervient alors que le Conseil électoral provisoire poursuit les préparatifs des élections annoncées pour le 13 décembre 2026. La situation à Kenscoff pose une nouvelle fois la question des conditions sécuritaires nécessaires à l’organisation d’un scrutin dans les zones affectées par les violences armées. Alors que les autorités et leurs partenaires internationaux multiplient les initiatives pour renforcer la sécurité, la population de Kenscoff se retrouve une nouvelle fois confrontée à l’urgence, à la peur et au risque de déplacement, À Kenscoff, la nuit s’est terminée dans les flammes, les tirs et les cris des familles endeuillées. Alors que le bilan humain s'alourdit, une question demeure: comment organiser des élections crédibles et sécurisées si des communes entières restent exposées aux attaques armées?

Au lendemain de cette nuit sanglante, les questions restent nombreuses: combien de victimes faudra-t-il encore compter avant une réponse durable? Combien de familles devront encore abandonner leurs maisons? Et comment parler d’élections crédibles lorsque la sécurité de ceux qui doivent voter demeure incertaine? À Kenscoff, l’urgence n’est plus seulement de compter les morts, mais de savoir qui sera capable de garantir aux vivants le droit de vivre, de circuler et de voter en sécurité.

Information sur le Vif