Je m’incline bien bas pour saluer le départ mortel forcé de nombreux citoyens paisibles qui vivaient à Kenscoff», déclare l’ingénieur Jean-Charles Guerrier, porte-parole de l’Opposition plurielle, au lendemain des violences enregistrées dans la commune.

Dans une déclaration consacrée à la situation sécuritaire à Kenscoff, l’opposant appelle les habitants qui s’y trouvent encore à rester particulièrement vigilants. Selon Jean-Charles Guerrier, la situation actuelle serait suffisamment grave pour susciter des interrogations sur les intentions des autorités concernant Kenscoff. Il affirme notamment que, si le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait réellement la volonté de résoudre le problème de l’insécurité, celui-ci aurait déjà connu une évolution significative. Guerrier accuse le gouvernement d’«irresponsabilité»
Le porte-parole de l’Opposition plurielle s’en prend directement à la gestion de la crise sécuritaire par le gouvernement. Il appelle la population à «lever la voix» et à se mobiliser contre ce qu’il considère comme l’échec du gouvernement Fils-Aimé. Jean-Charles Guerrier accuse notamment le Premier ministre de ne pas avoir utilisé efficacement les moyens sécuritaires dont disposeraient les autorités. Il évoque la présence d’importants équipements et de forces spécialisées dans le pays, estimant que ceux-ci ne seraient pas suffisamment mis au service de la protection de la population. Ces accusations, formulées par le responsable de l’opposition, n’ont pas été étayées dans sa déclaration par des éléments permettant d’en vérifier indépendamment la portée. «Le pays n’est pas prêt pour les élections» La crise sécuritaire conduit également Jean-Charles Guerrier à remettre en question le calendrier électoral. Alors que le scrutin est officiellement annoncé pour le 13 décembre 2026, il estime que les conditions ne seraient pas réunies pour organiser des élections crédibles. «Le pays n’est pas prêt pour les élections», soutient-il, tout en affirmant que le gouvernement ne devrait pas attendre la date prévue du scrutin pour quitter le pouvoir. Le porte-parole de l’Opposition plurielle critique également le rôle du Conseil électoral provisoire (CEP), qu’il accuse de maintenir un calendrier électoral alors que le pays fait face à une succession de violences. Il va jusqu’à mettre en doute la possibilité même d’organiser les élections annoncées, évoquant notamment les difficultés liées à l’accès des citoyens aux documents électoraux. Des accusations contre le CEP Jean-Charles Guerrier réclame par ailleurs un remaniement à la tête du CEP et critique la manière dont l’institution conduit les préparatifs électoraux. Selon lui, l’annonce du scrutin du 13 décembre ne suffit pas à garantir la faisabilité du processus. Il estime que les autorités doivent d’abord s’assurer que les conditions matérielles, sécuritaires et institutionnelles sont réunies. Ses propos traduisent ainsi une opposition à la fois au gouvernement Fils-Aimé et à la conduite actuelle du processus électoral. Un appel à la population Au terme de sa déclaration, l’ingénieur Jean-Charles Guerrier adresse un message de courage à la population haïtienne, avec une attention particulière aux habitants de Kenscoff.

Son intervention intervient alors que les violences dans la commune ont provoqué de nouvelles inquiétudes parmi les habitants et ravivé le débat sur la capacité des autorités à assurer la sécurité des populations. Pour l’Opposition plurielle, la priorité demeure la protection des citoyens et une réponse politique et sécuritaire à la hauteur de la gravité de la situation. Entre hommage aux victimes, appel à la vigilance et contestation du calendrier électoral, Jean-Charles Guerrier durcit le ton contre le gouvernement Fils-Aimé. À Kenscoff comme dans d’autres zones touchées par l’insécurité, les prochaines semaines devraient surtout permettre de mesurer la capacité des autorités à transformer leurs annonces en résultats concrets.
À Kenscoff, les interrogations restent nombreuses après cette nouvelle flambée de violence. Le gouvernement Fils-Aimé parviendra-t-il à rétablir durablement la sécurité et à protéger les populations encore présentes dans la commune? Les renforts annoncés seront-ils suivis d’opérations concrètes? Et surtout, les conditions sécuritaires et matérielles permettront-elles réellement d’organiser des élections crédibles le 13 décembre 2026? Entre les promesses des autorités, les critiques de l’opposition et l’inquiétude des habitants, une question demeure : combien de victimes faudra-t-il encore compter avant qu’une réponse durable soit apportée à la crise sécuritaire?