Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé n’a plus aucune raison d’être. Ce qui devait représenter une structure provisoire chargée d’accompagner la transition politique est devenu un symbole d’échec, d’impuissance et de confusion nationale.
Haïti traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire contemporaine. Le pays s’effondre sous la violence des gangs, l’effritement des institutions et la misère sociale, pendant que le pouvoir en place donne l’impression d’être totalement dépassé par les événements. Chaque jour qui passe confirme davantage le décalage entre la gravité de la crise nationale et l’incapacité du gouvernement à apporter des réponses concrètes. Cette situation est devenue une honte nationale.

Une transition sans résultats, sans vision et sans autorité
Depuis son installation le 11 novembre 2024, le pouvoir dirigé par Alix Didier Fils-Aimé devait rétablir un minimum de stabilité politique et sécuritaire. Or, le constat est accablant : la violence s’est intensifiée, les groupes armés ont renforcé leur emprise et l’État continue de perdre du terrain. Le peuple haïtien ne voit ni stratégie claire, ni leadership fort, ni résultats visibles. À défaut d’incarner une transition de redressement, le gouvernement apparaît de plus en plus comme une structure politique cherchant avant tout à prolonger sa survie.
Pendant ce temps, les citoyens vivent dans la peur, les déplacements de population augmentent et les services publics s’effondrent.
pouvoir qui s’accroche malgré l’échec
Le plus préoccupant reste cette volonté apparente de maintenir un pouvoir pourtant contesté et fragilisé. Dans toute démocratie sérieuse, un gouvernement confronté à un tel niveau d’échec ferait face à des mécanismes de contrôle, à des pressions institutionnelles ou à une remise en question profonde de sa légitimité. Mais en Haïti, l’absence de Parlement fonctionnel et l’affaiblissement des contre-pouvoirs créent un vide dangereux où l’exécutif agit pratiquement sans véritable surveillance politique. Cette dérive nourrit un profond sentiment de frustration populaire. Car un gouvernement transitoire n’a pas vocation à s’installer durablement ni à gouverner sans résultats tangibles.

Le peuple ne peut plus attendre jusqu’au 7 juin 2026
Le peuple haïtien ne peut plus attendre le 7 juin 2026 pendant que le pays continue de s’enfoncer dans le chaos. Chaque jour supplémentaire sous une gouvernance jugée inefficace aggrave la crise sécuritaire, accentue la souffrance sociale et détruit un peu plus ce qu’il reste des institutions nationales. Les Haïtiens vivent aujourd’hui dans l’urgence absolue. Ils n’ont plus le luxe d’attendre des promesses politiques, des reports ou des calculs de maintien au pouvoir. La population réclame des résultats, de la sécurité, de l’autorité et une véritable perspective de sortie de crise. Une transition qui échoue à protéger la nation perd progressivement sa crédibilité politique et morale.

Haïti mérite mieux que cette dérive politique
Haïti mérite mieux qu’un pouvoir improvisé, dépassé et incapable de répondre à l’urgence nationale. Le pays a besoin d’un véritable projet de reconstruction institutionnelle, d’une autorité crédible et d’une transition limitée dans le temps, orientée vers le retour à l’ordre démocratique. Le peuple haïtien ne peut continuer à subir une gouvernance perçue comme inefficace pendant que la nation s’enfonce dans le chaos.
À un moment donné, la question devient inévitable: combien de temps encore ce gouvernement pourra-t-il prétendre incarner une solution alors qu’il apparaît, pour une partie croissante de la population, comme l’un des visages du problème national?
Abdias DENIS
Spécialiste en développement
Philosophe - Politologue
Professeur - Journaliste
Essayiste - Pamphletaire
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