Haïti: 613 morts et 375 blessés dans les affrontements entre gangs à Cité Soleil et dans la Plaine du Cul-de-Sac
Un rapport spécial du BINUH fait état de centaines de victimes, de violences sexuelles et d’une grave crise humanitaire dans la Plaine du Cul-de-Sac et à Cité Soleil. »
Maxi Ezechiel
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Des habitants fuient les violences dans la Plaine du Cul-de-Sac et à Cité Soleil. Selon le BINUH, les affrontements entre groupes armés ont fait au moins 613 morts, 375 blessés et déplacé plus de 18 000 personnes entre le 6 mars et le 31 juillet 2026.
(Vif Info) Au moins 613 personnes ont été tuées et 375 autres blessées entre le 6 mars et le 31 juillet 2026 dans la Plaine du Cul-de-Sac et plusieurs quartiers de Cité Soleil, selon un rapport publié mercredi par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Selon les Nations Unies, cette recrudescence de la violence s'explique par une recomposition des alliances entre groupes armés, dans un contexte marqué par l'affaiblissement de la coalition «Viv Ansanm» et par les opérations de sécurité menées dans d'autres secteurs de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Ces offensives auraient favorisé le déplacement de combattants vers la Plaine du Cul-de-Sac, où les gangs se disputent le contrôle de territoires stratégiques et de sources de revenus illicites. Le rapport souligne que les populations civiles ont été particulièrement touchées. Plus d'un tiers des victimes n'étaient pas associées aux gangs. Parmi elles figurent 111 femmes et 77 enfants. Le BINUH fait également état d'au moins 176 femmes et filles victimes de viols, dont des viols collectifs, utilisés par les groupes armés comme moyen de terreur et de représailles contre les populations vivant dans des zones contrôlées par des gangs rivaux. Les violences ont également entraîné d'importantes conséquences humanitaires. Les gangs ont attaqué des bâtiments publics et privés, provoquant la fermeture d'écoles, de centres de santé et de nombreux commerces. Selon le rapport, plus de 18 000 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile. Le BINUH cite notamment l'attaque du 13 juin 2026, lorsqu'un rassemblement de plus de 300 personnes, organisé après un match de football entre Haïti et l'Écosse, a été pris pour cible par des hommes armés. Cette attaque a fait au moins 61 morts, dont plusieurs enfants, et 20 blessés. «Le bilan humain particulièrement lourd des affrontements entre gangs ces derniers mois dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince témoigne de l'urgence d'une protection renforcée des populations», a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti et chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu.
Le Bureau des Nations Unies appelle les autorités haïtiennes à renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité, à lutter contre l'impunité en enquêtant sur les violations documentées et à améliorer la prise en charge des victimes, notamment des survivantes de violences sexuelles. Le BINUH estime enfin que le déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG), doté des effectifs, des équipements et des ressources nécessaires, demeure indispensable pour protéger les populations civiles, reprendre le contrôle des zones occupées par les groupes armés et restaurer l'autorité de l'État. À l’approche des échéances politiques annoncées, la situation sécuritaire demeure le principal obstacle au retour à la stabilité institutionnelle. La question centrale reste donc: Haïti pourra-t-elle organiser des élections crédibles et protéger ses citoyens.
Derrière les chiffres alarmants du BINUH se cachent des milliers de vies bouleversées. Entre déplacements forcés, écoles fermées et familles brisées, une interrogation persiste: combien de temps encore les habitants de ces quartiers devront-ils vivre sous la menace des armes avant de retrouver une vie normale?