Tôt ce matin, les rues de Lalue se sont transformées en théâtre de protestation. Des pneus enflammés, des jets de pierres et des barricades improvisées ont rendu la circulation difficile, voire impossible, dans plusieurs endroits de la zone. À l’origine de cette mobilisation: des personnes déplacées internes (PDI), contraintes de fuir leurs maisons à Solino en raison des violences perpétrées par les gangs armés.


Sur la chaussée, la tension est palpable. Des manifestants ont utilisé les tréteaux de commerçants pour ériger des barricades, bloquant ainsi le passage des véhicules et paralysant les activités habituelles. Cette mobilisation traduit le mécontentement de familles déplacées qui attendent une réponse concrète des autorités face à leur situation précaire. Au cœur de leurs revendications figure le versement d’une aide de 100 000 gourdes destinée à leur relocalisation. Après avoir abandonné leurs domiciles sous la menace des groupes armés, ces familles réclament le respect des engagements annoncés et des moyens leur permettant de retrouver un logement dans des conditions plus sûres.

Pour ces personnes déplacées, la relocalisation représente un enjeu majeur. Loin de leurs maisons et confrontées aux difficultés de la vie dans les camps d’hébergement, elles font face à de nombreux besoins, notamment en matière de logement, d’alimentation et de sécurité. Leur mobilisation à Lalue vise ainsi à attirer l’attention des autorités sur l’urgence de leur situation. Face à cette protestation, les forces de l’ordre sont intervenues à bord d’un véhicule blindé. Des agents ont fait usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les manifestants et de rétablir la circulation. Cette intervention a marqué un nouveau tournant dans la matinée, alors que les protestataires maintenaient la pression autour de leurs revendications.

Cette mobilisation met une nouvelle fois en évidence les difficultés rencontrées par les personnes déplacées internes en Haïti, particulièrement celles qui ont fui les violences armées dans des quartiers de la capitale. Entre l’insécurité, la perte de leur logement et l’incertitude quant à leur avenir, ces familles continuent de réclamer des mesures concrètes pour sortir de la précarité. Alors que les activités sont perturbées à Lalue, la question demeure: quand ces familles pourront-elles bénéficier de l’aide qu’elles réclament pour se reloger et reconstruire leur vie loin des violences?


En attendant une réponse des autorités, les déplacés de Solino font entendre leur voix dans les rues de la capitale, espérant que leur mobilisation permettra de faire avancer leur dossier.
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