Depuis plusieurs années, Village de Dieu représente l’un des plus grands défis sécuritaires de l’État haïtien. Cette zone stratégique de l’entrée sud de Port-au-Prince est devenue le bastion du gang «5 Secondes», dirigé par Johnson André, plus connu sous le nom d’Izo. Les autorités haïtiennes le recherchent pour plusieurs crimes graves, tandis que des sanctions et avis de recherche internationaux ont également été émis contre lui.

La question que beaucoup se posent aujourd’hui est simple: où se trouve Johnson André? À l’heure actuelle, aucune source officielle n’a annoncé son arrestation, sa mort ou sa capture. En l’absence d’informations confirmées par les autorités, il n’est pas possible d’affirmer avec précision sa localisation. Plusieurs opérations ont pourtant ciblé son fief au cours des derniers mois et années, sans toutefois aboutir à une capture publique. Cette nouvelle offensive intervient dans un contexte différent de celui de 2021. Cette année-là, des unités spécialisées de la PNH, notamment le SWAT, avaient subi de lourdes pertes lors d’interventions à Village de Dieu, un épisode qui avait profondément marqué l’institution policière ainsi que l’opinion publique.

Depuis lors, la stratégie des forces de l’ordre a évolué. La police a multiplié les opérations combinées, mobilisant blindés, unités spécialisées et, plus récemment, des drones armés ou kamikazes visant les positions des groupes armés. Plusieurs interventions ont directement ciblé le fief de Village de Dieu ainsi que les infrastructures du gang «5 Secondes». Toutefois, reprendre un territoire ne signifie pas seulement y entrer. Le véritable défi reste la capacité à y maintenir une présence permanente de l’État. L’expérience des dernières années montre que les groupes armés parviennent souvent à réoccuper les zones après le retrait des forces de sécurité.
La détermination de la PNH semble aujourd’hui plus affirmée qu’auparavant. Les opérations menées depuis 2025 témoignent d’une volonté de frapper les bastions criminels de manière répétée et de réduire leur capacité opérationnelle.

Mais au-delà des opérations policières, la population attend davantage qu’une démonstration de force. Elle souhaite voir Village de Dieu redevenir un espace où l’État exerce pleinement son autorité, où les habitants peuvent circuler librement et où les groupes armés ne dictent plus la loi.
La véritable réponse à cette question ne viendra donc pas uniquement de l’opération du 1er juin 2026, mais surtout de ce qui suivra dans les jours, les semaines et les mois à venir: la police restera-t-elle suffisamment longtemps au de Village Dieu pour empêcher le retour des gangs et rétablir durablement l’autorité de l’État ?
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