Le Mouvement Démocratique Populaire (MODEP) a exprimé sa profonde préoccupation à la suite de la décision rendue le 30 juin par la Cour suprême des États-Unis, ouvrant la voie à la suppression du Statut de Protection Temporaire (TPS) pour des centaines de milliers de ressortissants haïtiens vivant sur le territoire américain.

Dans un document intitulé «TPS: Les États-Unis ferment leurs portes aux Haïtiens tout en pillant et dominant Haïti», l’organisation affirme que cette décision pourrait affecter environ 350 000 Haïtiens bénéficiant de ce programme de protection depuis le séisme dévastateur de 2010. Le MODEP critique particulièrement la politique migratoire de l’administration du président Donald Trump, qu’il accuse d’entretenir un discours hostile envers les migrants haïtiens. L’organisation associe également cette décision à des courants politiques conservateurs américains qu’elle estime défavorables à l’immigration en provenance des pays du Sud.

Au-delà de la question migratoire, le mouvement développe une analyse plus large des relations entre Haïti et les États-Unis. Il soutient que la crise sécuritaire actuelle, marquée par l’expansion des groupes armés et le déplacement massif de populations, s’inscrit dans une dynamique historique de domination politique et économique exercée par Washington sur Haïti. Le MODEP estime que la fin du TPS intervient dans un contexte particulièrement préoccupant, alors que le pays traverse l’une des plus graves crises de son histoire récente. L’organisation souligne notamment l’insécurité persistante, les déplacements forcés de population et les difficultés économiques qui affectent une grande partie de la population haïtienne. Dans sa déclaration, le mouvement formule plusieurs revendications, dont la restitution des réserves d’or haïtiennes transférées aux États-Unis en 1914, des réparations pour les dommages causés durant et après l’occupation américaine, ainsi que l’arrêt des expulsions de ressortissants haïtiens. Le MODEP appelle également les autorités haïtiennes à élaborer un plan national capable d’accueillir les éventuels bénéficiaires du TPS contraints de retourner au pays, tout en mettant en œuvre des politiques favorisant la sécurité, la stabilité économique et la création d’opportunités pour les citoyens. Enfin, l’organisation invite les Haïtiens vivant dans le pays et au sein de la diaspora à se mobiliser pour défendre la souveraineté nationale et promouvoir un projet de développement fondé sur l’autodétermination et la justice sociale.

Cette prise de position intervient alors que les débats se poursuivent autour de l’avenir des bénéficiaires du TPS et des conséquences humanitaires qu’une telle décision pourrait engendrer pour de nombreuses familles haïtiennes.

Information sur le Vif