Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, participe actuellement à Gros Islet, à Sainte-Lucie, à la cérémonie d'ouverture de la 51ᵉ Réunion ordinaire des Chefs d'État et de Gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).

Accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Raïna Forbin, ainsi que de plusieurs membres de son cabinet, le chef du gouvernement entend placer la situation d'Haïti au centre de ses échanges avec les dirigeants de la région. Les discussions devraient porter notamment sur la crise multidimensionnelle que traverse le pays, les défis sécuritaires et les conditions nécessaires à l'organisation d'élections générales devant permettre un retour à l'ordre constitutionnel. La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence des chefs d'État et de gouvernement des pays membres de la CARICOM, de la Secrétaire générale de l'organisation, Carla Barnett, ainsi que de nombreuses personnalités de la région. À cette occasion, le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Terrance Drew, a transmis la présidence tournante de la CARICOM au Premier ministre de Sainte-Lucie, Philip J. Pierre.

Dans leurs interventions, les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité de renforcer l'unité, la solidarité et la concertation entre les États membres afin de répondre aux défis communs, notamment en matière de sécurité, de développement économique, de sécurité alimentaire et de résilience face aux changements climatiques.

Pour sa part, Philip J. Pierre a appelé les pays de la région à intensifier leur coopération contre la criminalité transnationale, à promouvoir l'intégration régionale et à consolider les mécanismes de développement durable. Le Premier ministre haïtien souhaite, de son côté, renforcer les partenariats régionaux et obtenir un soutien accru pour les efforts visant à restaurer la stabilité institutionnelle en Haïti. Cependant, cette réunion intervient dans un contexte où la transition politique haïtienne continue de susciter de nombreuses interrogations. Près de cinq ans après l'assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, le pays demeure confronté à une profonde crise sécuritaire, institutionnelle et humanitaire. Malgré les engagements des autorités de transition en faveur d'élections générales, le retour à l'ordre constitutionnel tarde toujours à se concrétiser, alimentant les inquiétudes de la population comme de la communauté internationale.

Pour plusieurs observateurs, le sommet de la CARICOM représente une nouvelle occasion pour les dirigeants régionaux de réaffirmer leur soutien à Haïti. Reste à savoir si ces discussions déboucheront sur des actions concrètes capables d'accompagner le pays vers une sortie durable de cette crise qui se prolonge.
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