À l'occasion d'une séance du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à Haïti, un haut responsable de l'Organisation a présenté une évaluation de la situation sécuritaire, humanitaire et politique du pays, tout en appelant les autorités haïtiennes et la communauté internationale à maintenir les efforts engagés en faveur du retour à l'ordre démocratique.

Prenant la parole aux côtés de responsables onusiens et en présence de la ministre haïtienne des Affaires étrangères et des Cultes, Raïna Forbin, le représentant de l'ONU a reconnu que le pays continue de faire face à une insécurité persistante, à d'importants besoins humanitaires et à de profondes difficultés institutionnelles. Malgré ces défis, il estime que des avancées récentes offrent une réelle opportunité de faire progresser la transition politique. L'ONU a notamment salué l'adoption du décret électoral révisé, le consensus trouvé autour du budget des élections ainsi que le lancement de l'enregistrement des électeurs, considéré comme une étape importante vers le rétablissement de l'ordre constitutionnel. Elle estime toutefois que la prochaine priorité demeure la publication d'un calendrier électoral crédible et réaliste.

Selon les Nations Unies, la réussite du processus dépendra de la cohésion des institutions haïtiennes, du dialogue entre les différentes forces politiques et de la capacité des dirigeants à placer l'intérêt national au-dessus des intérêts particuliers. Le représentant de l'ONU a rappelé que, lors de ses consultations avec les partis politiques, les organisations de la société civile, les jeunes et les organisations de femmes, un message revenait constamment: la sécurité est indispensable à la tenue d'élections crédibles. Il a néanmoins insisté sur le fait que les défis sécuritaires ne doivent pas servir de prétexte pour retarder le processus politique. Selon lui, les préparatifs électoraux et les efforts visant à améliorer la sécurité doivent progresser simultanément. Sur le plan sécuritaire, les Nations Unies ont rappelé que les violences des gangs continuent d'affecter durement la population, notamment dans les zones de Cité Soleil, Kenscoff, du Sud-Est et de l'Artibonite. Des millions d'Haïtiens demeurent confrontés aux déplacements forcés, à l'insécurité alimentaire et à de graves violations de leurs droits fondamentaux. L'ONU a également salué le lancement des opérations de la Force de répression des gangs, menées en appui aux autorités nationales, ainsi que le renforcement de la Police nationale d'Haïti et des Forces armées d'Haïti. L'organisation considère que cette nouvelle phase marque le passage de la planification à la mise en œuvre des opérations destinées à rétablir la sécurité et la confiance de la population. Tout en soutenant ces initiatives, les Nations Unies ont insisté sur la nécessité de respecter pleinement les normes internationales relatives aux droits humains afin de préserver la légitimité des opérations et de renforcer la confiance du public.

Le responsable onusien a par ailleurs attiré l'attention sur la situation alarmante des enfants en Haïti. Selon lui, près d'un membre de gang sur deux serait aujourd'hui un enfant, une réalité qu'il juge particulièrement préoccupante. Il a plaidé pour la mise en œuvre d'un programme national de désarmement, de démantèlement et de réintégration destiné à offrir des perspectives aux jeunes exposés à la violence. Enfin, les Nations Unies ont réaffirmé leur engagement à accompagner Haïti dans ses efforts de stabilisation. Elles ont exhorté les autorités haïtiennes à poursuivre le dialogue politique, à préserver les progrès réalisés et à créer les conditions favorables à des élections crédibles. Elles ont également invité les États membres à renforcer leur soutien financier et logistique afin d'aider le pays à restaurer durablement la sécurité, la gouvernance démocratique et l'État de droit.

«Le peuple haïtien attend depuis trop longtemps. Alors que les Nations Unies estiment qu'une fenêtre d'opportunité demeure ouverte pour conduire Haïti vers des élections et un retour à l'ordre démocratique, de nombreuses interrogations persistent sur le terrain. Comment organiser un scrutin crédible dans un pays où des milliers de citoyens vivent encore sous la menace des groupes armés ou en situation de déplacement? Les progrès annoncés en matière de sécurité seront-ils suffisants pour rétablir la confiance de la population? La classe politique saura-t-elle privilégier l'intérêt national au-delà des divisions qui ont longtemps paralysé le pays? Et surtout, les promesses de la communauté internationale se traduiront-elles enfin par des résultats concrets pour une population qui attend depuis trop longtemps la paix, la stabilité et un véritable renouveau démocratique?

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