À l’approche des prochaines élections annoncées pour le 13 décembre, la question de la sécurité demeure au centre des préoccupations en Haïti. C’est dans ce contexte que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé s’est entretenu lundi, au Palais national, avec une importante délégation régionale et internationale.

La mission est conduite conjointement par Albert Ramdin, secrétaire général de l’OEA, et Carla Barnett, secrétaire générale de la CARICOM. Elle séjourne en Haïti du 16 au 19 août dans le cadre d’une démarche visant à renforcer la coordination et le soutien international aux institutions et au peuple haïtien. La sécurité au cœur des discussions Au Palais national, les échanges ont notamment porté sur la situation sécuritaire et les efforts visant à restaurer l’autorité de l’État et à améliorer la protection de la population. La question sécuritaire revêt une importance particulière alors que les autorités haïtiennes cherchent à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles et inclusives. La délégation doit également rencontrer des responsables de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des partenaires internationaux engagés dans les efforts de sécurité. Les élections, autre priorité

Le processus électoral figurait également au centre de cette rencontre.La délégation internationale doit échanger avec le Conseil électoral provisoire (CEP) sur les préparatifs du scrutin. Cette mission intervient alors que les autorités poursuivent les différentes étapes du calendrier électoral et que les acteurs politiques se préparent à la compétition électorale. Pour l’OEA et la CARICOM, le renforcement de la coordination avec les institutions haïtiennes constitue un élément important pour accompagner le pays dans cette période considérée comme décisive. Une mission qui dépasse la seule question électorale La mission ne se limite toutefois pas aux questions de sécurité et d’élections. Les besoins humanitaires, le renforcement institutionnel ainsi que les perspectives de développement économique et social figurent également parmi les priorités de la délégation. Albert Ramdin a insisté sur la nécessité d’une action internationale coordonnée, estimant qu’Haïti se trouve à un moment décisif et que la communauté internationale doit apporter un soutien «avec unité, urgence et des appuis concrets».

La délégation comprend notamment des représentants de plusieurs institutions régionales et internationales, dont les Nations unies, la Banque mondiale, la Banque interaméricaine de développement (BID), la Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes (CAF), ainsi que l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Haïti à un moment décisif L’arrivée de cette mission intervient alors que le pays fait face simultanément à une crise sécuritaire, humanitaire et institutionnelle, tandis que les autorités veulent maintenir le cap vers les élections de décembre. Pour le gouvernement haïtien, le rétablissement de la sécurité constitue l’une des conditions essentielles à la réussite du processus électoral. Pour les partenaires internationaux, l’enjeu est désormais de transformer les déclarations de soutien en actions coordonnées et en résultats concrets sur le terrain. La mission de l’OEA et de la CARICOM doit se poursuivre jusqu’au 19 août. Plusieurs rencontres avec les autorités haïtiennes, les institutions électorales et les acteurs engagés dans les questions de sécurité et de développement sont prévues.

Entre sécurité, élections et urgence humanitaire, la mission de l’OEA et de la CARICOM intervient à un moment où les attentes sont particulièrement fortes. Au-delà du soutien politique affiché, les autorités haïtiennes attendent désormais de leurs partenaires régionaux et internationaux des appuis capables de produire des résultats tangibles pour la population, La visite de l’OEA et de la CARICOM intervient donc à un moment où les attentes sont particulièrement fortes en Haïti. Mais au-delà des déclarations de solidarité et des engagements annoncés, une question demeure: que restera-t-il concrètement de cette mission une fois la délégation repartie? La sécurité sera-t-elle suffisamment rétablie pour permettre aux citoyens de voter librement? Les institutions haïtiennes disposeront-elles des moyens nécessaires pour organiser des élections crédibles, inclusives et transparentes? Et surtout, les engagements de la communauté internationale pourront-ils enfin se traduire par des résultats visibles sur le terrain, alors que la population attend toujours des réponses face à l’insécurité, à la crise humanitaire et à la précarité? Entre promesses de soutien et urgence sur le terrain, le véritable enjeu reste désormais de savoir si cette nouvelle mission internationale marquera un tournant ou constituera une énième étape dans une longue succession d’engagements sans résultats suffisants.

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