Le mouvement AYITI-NOUVLEVIV a dénoncé les mauvais traitements infligés à un migrant haïtien en République dominicaine ainsi que la poursuite des déportations de ressortissants haïtiens en provenance des États-Unis et d'autres pays de la région.

Dans une note rendue publique, l'organisation rappelle qu'Haïti traverse actuellement l'une des périodes les plus difficiles de son histoire récente, marquée par une crise sécuritaire, politique, économique, humanitaire et électorale. Selon le mouvement, cette situation détériore considérablement les conditions de vie de la population. AYITI-NOUVLEVIV appelle les autorités haïtiennes à prendre toutes les dispositions nécessaires pour rétablir un climat de sécurité favorable à l'organisation d'élections crédibles, honnêtes, démocratiques et inclusives. Le mouvement estime que le retour à des institutions légitimes est indispensable pour restaurer la confiance entre les citoyens et l'État.

L'organisation exprime également sa profonde inquiétude face à l'augmentation des expulsions de migrants haïtiens par plusieurs pays, notamment les États-Unis, la République dominicaine, les Bahamas et d'autres États de la région. Elle souligne que des milliers de personnes sont contraintes de retourner dans un pays confronté à une grave crise économique, à une insécurité persistante et à un manque d'opportunités d'emploi. Pour AYITI-NOUVLEVIV, la question des déportations ne doit pas être considérée uniquement sous l'angle migratoire. Elle constitue également un enjeu humanitaire, social et de développement national qui nécessite une réponse coordonnée des autorités publiques. Le mouvement estime que les personnes rapatriées auront besoin d'une assistance psychosociale, d'un soutien humanitaire, d'un accès à des logements temporaires, d'un accompagnement pour leur réintégration familiale ainsi que de mesures spécifiques de protection en faveur des femmes, des enfants et des autres groupes vulnérables.

À cet effet, AYITI-NOUVLEVIV recommande la mise en place d'un Plan national de réintégration des personnes rapatriées, la création d'un fonds spécial destiné à favoriser leur réinsertion socio-économique, l'ouverture de centres d'accueil et d'orientation dans les principaux points d'entrée du pays, ainsi que le renforcement des programmes de soutien psychologique et de protection sociale. L'organisation plaide également pour l'ouverture d'un dialogue national sur les questions migratoires, la sécurité et la reconstruction économique du pays. Elle estime qu'un consensus politique est indispensable afin d'accélérer le processus de retour à l'ordre constitutionnel par l'organisation d'élections démocratiques. AYITI-NOUVLEVIV appelle les autorités haïtiennes à agir avec urgence, responsabilité et vision afin de faire face aux défis liés aux déportations et à la crise migratoire. Le mouvement réaffirme que la sécurité, la justice sociale, la dignité humaine et l'inclusion doivent demeurer au cœur des politiques publiques en faveur de tous les citoyens haïtiens.

Au-delà des déclarations et des appels lancés par AYITI-NOUVLEVIV, une question demeure: l'État haïtien dispose-t-il réellement des moyens institutionnels, financiers et sécuritaires pour accueillir et réinsérer dignement des milliers de personnes rapatriées? Alors que les expulsions se poursuivent et que l'insécurité continue de fragiliser le pays, les autorités parviendront-elles à transformer ces recommandations en actions concrètes? Enfin, face à cette crise migratoire qui ne cesse de s'aggraver, la solidarité nationale et l'appui de la communauté internationale seront-ils suffisants pour éviter que les personnes rapatriées ne sombrent davantage dans la précarité et l'exclusion?

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