Intervenant lors de la 10144e séance du Conseil de sécurité des Nations unies, Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé la détermination des autorités haïtiennes à restaurer l’ordre et à remettre le pays sur la voie constitutionnelle. Dans son discours, le chef du gouvernement a rappelé que trois priorités guident l’action de la transition: rétablir l’autorité de l’État, protéger la population et organiser des élections crédibles. Il a insisté sur le fait que « sans sécurité, aucun développement n’est possible », soulignant les efforts en cours pour reprendre le contrôle de plusieurs zones de la capitale.


Ces avancées sont attribuées aux opérations conjointes des Forces armées d’Haïti (FAd’H), de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des unités engagées dans la lutte contre les groupes armés. Selon lui, certaines zones connaissent déjà une reprise progressive des activités économiques et sociales. Le renforcement des capacités sécuritaires reste une priorité immédiate. Le projet P4000 vise à augmenter significativement les effectifs de la PNH, avec 877 policiers déjà déployés depuis janvier et 1 200 recrues supplémentaires attendues d’ici juin. Du côté militaire, 338 nouveaux soldats ont récemment été formés, tandis que plusieurs centaines d’autres devraient intégrer les rangs dans les semaines à venir. Ces nouvelles forces permettront de constituer une première unité de troupes de choc destinée à consolider les territoires reconquis.


Parallèlement, une réforme structurelle des forces armées est en cours, incluant l’élaboration d’une nouvelle doctrine et la sollicitation d’un appui technique international, notamment via des partenaires régionaux. Le Premier ministre a également insisté sur le respect des droits humains, affirmant que des mesures sont prises pour protéger et prévenir les abus. Il a adressé un message ferme aux groupes armés, les appelant à déposer les armes sous peine de poursuites judiciaires dans le respect des lois en vigueur.


Sur le plan stratégique, deux grands axes territoriaux ont été définis comme prioritaires : le Grand Sud, l’Artibonite et le Nord. Ces corridors visent non seulement à améliorer la sécurité, mais aussi à relancer la circulation des biens et des personnes, soutenir l’économie et renforcer la présence de l’État. En parallèle, le gouvernement met en œuvre un programme de retour des volontaires vers leurs quartiers d’origine, afin de restaurer la stabilité des familles et accompagner la relance du processus électoral. Des progrès ont été réalisés dans la mise en place du cadre légal, l’inscription des partis politiques et la planification budgétaire des élections. Sur le plan diplomatique, Haïti se félicite de la reprise du dialogue avec la République dominicaine, fondé sur le respect mutuel et la coopération pacifique. En conclusion, le Premier ministre a lancé un appel direct au Conseil de sécurité des Nations unies et à l’Organisation des Nations unies pour un soutien plus rapide, concret et renforcé, notamment sur le plan logistique, dans le déploiement de la force de répression des gangs.


« Le peuple haïtien ne demande pas de charité, mais la solidarité et les moyens de reconstruire son avenir », a-t-il déclaré, concluant par un message d’espoir: « Haïti résiste, Haïti se relève, Haïti vivra.»
Information sur le Vif