De fortes explosions ont encore été entendues, lundi 2 mars, à Dubaï, capitale des Émirats arabes unis. L'Iran poursuivait, pour une troisième journée consécutive, ses représailles contre ses voisins du Golfe, entraînés dans une guerre qu’ils subissent, en réponse aux frappes américano-israéliennes qui visent son territoire. En particulier les Émirats arabes unis, où les frappes iraniennes ont fait trois morts et 58 blessés, selon le ministère de la Défense.
Si Téhéran assure viser des cibles militaires américaines dans la région, depuis plusieurs jours les images de panaches de fumée s'élevant au-dessus des gratte-ciels et des hôtels de luxe de Dubaï, mégapole de près de 4 millions d'habitants, et des dégâts infligés aux aéroports émiratis, tournent en boucle sur les réseaux sociaux.
Selon Karim Sader, consultant spécialiste des pays du Golfe, les Émirats arabes unis incarnent "une cible particulièrement importante" - 137 missiles et 209 drones rien que samedi - alors même qu’elle n’abrite pas "d’intérêts américains directs" majeurs, contrairement à l’Arabie saoudite, Bahreïn, siège de la 5e flotte américaine, et le Qatar, où se trouve la base américaine d'Al-Udeid, la plus grande de la région.
Une "cible légitime" pour Téhéran
"En plus d’être une cible à portée de main pour les Iraniens, qui leur permet de manifester leur capacité de nuisance dans une zone particulièrement liée à l'économie du Golfe, les Émirats arabes unis sont signataires des accords d'Abraham et ont normalisé leurs relations avec Israël, rappelle-t-il. Ce qui rend cette cible, aux yeux de Téhéran, totalement légitime".
Les Émirats arabes unis ont signé les accords d'Abraham de Donald Trump en 2020. Ils ont depuis approfondi leurs relations avec l’État hébreu en nouant d’importants liens économiques, et à travers une coopération accrue dans le secteur de la défense au point d’effectuer des manœuvres militaires conjointes, comme en 2024 en mer Rouge. Sous la houlette du président Mohammed ben Zayed Al Nahyane (souvent appelé "MBZ"), il s’agit du pays signataire qui a été le plus loin dans le rapprochement avec Israël.