- Les violences des groupes armés qui ont frappé Carrefour-Feuilles ont contraint de nombreux habitants à fuir leurs foyers, parmi lesquels figure l'écrivain haïtien Garry Victor. Sa résidence a été pillée, saccagée et vandalisée, l'obligeant à abandonner son domicile comme des milliers d'autres personnes déplacées par l'insécurité.


Malgré cette épreuve personnelle, l'auteur n'a pas renoncé à sa vocation. Bien au contraire, Garry Victor continue de promouvoir la lecture auprès des jeunes et d'encourager la découverte de son livre Sonson Pipirit. À travers cette œuvre, l'écrivain dresse le profil d'un homme du peuple déclaré chef de gang. Le récit propose une réflexion sur les réalités sociales, les inégalités et les mécanismes qui peuvent conduire certains individus à basculer dans la violence. Aujourd'hui, alors que le pays est confronté à une crise sécuritaire sans précédent, le contenu de ce roman trouve une résonance particulière. Pour de nombreux lecteurs, l'œuvre apparaît comme une analyse littéraire des fractures profondes qui traversent la société haïtienne.


Malgré la perte de sa maison et les conséquences des déplacements forcés provoqués par les gangs, Garry Victor poursuit son travail d'écrivain. Son engagement témoigne de sa volonté de continuer à faire vivre la littérature comme un espace de réflexion, de mémoire et de dialogue. À travers ses écrits, Garry Victor observe avec lucidité les mutations de la société haïtienne et les effets du déclin des institutions. Son œuvre invite les lecteurs, particulièrement les jeunes, à mieux comprendre les réalités qui les entourent et à développer un regard critique sur les défis auxquels le pays est confronté.


Au-delà du destin personnel de Garry Victor, c'est toute une société qui se retrouve face à son propre miroir. Lorsqu'un écrivain qui a raconté les mécanismes de la violence devient lui-même victime de cette violence, la fiction rejoint tragiquement la réalité. Que nous dit aujourd'hui Sonson Pipirit sur l'Haïti contemporain? Comment un pays qui voit ses artistes, ses intellectuels et ses citoyens fuir leurs maisons peut-il préserver sa mémoire et son patrimoine culturel? La littérature peut-elle encore éveiller les consciences face à une crise qui semble s'enraciner davantage chaque jour?


Autant de questions qui demeurent ouvertes, alors que Garry Victor continue d'écrire, convaincu que les livres restent une arme pacifique contre l'ignorance, la résignation et la violence.
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