Dans une salle marquée par l’émotion, les dénonciations et les appels à la solidarité, l’Organisation des Femmes Unies pour l’Encadrement et l’Éducation des Enfants Démunis (OFUEEED) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation critique que vivent actuellement les femmes et les jeunes filles en Haïti.

Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 22 mai 2026, les responsables de l’organisation ont dressé un tableau particulièrement sombre de la réalité sociale du pays. Pauvreté extrême, insécurité, prostitution de survie, enfants livrés à eux-mêmes: les constats présentés traduisent une crise humaine profonde qui touche les catégories les plus vulnérables de la population. Face aux journalistes les responsables de l’organisation a fait savoir, la détérioration des conditions de vie pousse aujourd’hui plusieurs femmes et jeunes filles à se livrer à la prostitution afin de survivre et de trouver un simple pain quotidien. Une réalité qualifiée de «dramatique» par l’organisation, qui affirme constater quotidiennement les conséquences de la misère dans plusieurs communautés et sites d’hébergement. «Les femmes et les filles souffrent énormément. Beaucoup sont obligées de faire des choses qu’elles ne voudraient jamais faire simplement pour manger», ont déclaré les responsables de l’organisation avec émotion.

L’organisation affirme également que plusieurs enfants, notamment des garçons mineurs, se retrouvent impliqués dans des pratiques dangereuses ou nuisibles sous l’effet de la faim et du désespoir. Pour l’OFUEEED, cette situation représente une menace grave pour l’avenir du pays et nécessite une intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires.

À travers cette conférence, l’organisation a lancé un appel à l’aide aux institutions nationales, aux organisations internationales, à la diaspora haïtienne ainsi qu’aux acteurs humanitaires afin de répondre aux besoins urgents des femmes, des filles et des enfants vulnérables. Mais au-delà de la crise sociale, l’OFUEEED a également voulu attirer l’attention sur ce qu’elle considère comme une négligence du patrimoine historique national et de la mémoire des femmes ayant marqué l’histoire d’Haïti. Face aux journalistes, la coordonnatrice de l’organisation, Gina Elgivis, a dénoncé l’absence de monuments et de reconnaissance publique accordés aux héroïnes de l’indépendance haïtienne. «Pourquoi ce sont seulement les ancêtres masculins qui bénéficient de statues et de monuments historiques au Champ-de-Mars? Les femmes n’ont-elles rien fait pour la liberté du pays?», a-t-elle interrogé.

La responsable a rappelé le rôle fondamental joué par plusieurs figures féminines de l’histoire nationale, notamment Catherine Flon, à qui l’on attribue la confection du drapeau haïtien, Claire Heureuse Dessalines, Sanité Bélair ainsi que d’autres combattantes ayant participé activement aux batailles de l’indépendance. Pour l’OFUEEED, ces femmes méritent d’être honorées au même titre que les héros masculins de la nation. L’organisation réclame ainsi à l’État haïtien, au Ministère de la Culture et de la Communication, au Ministère du Tourisme, au Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle ainsi qu’aux autres institutions concernées, la construction de monuments historiques et d’espaces mémoriels dédiés aux combattantes féminines de l’indépendance.


Selon la coordonnatrice, les femmes haïtiennes continuent encore aujourd’hui de mener des combats quotidiens pour leurs familles, leurs communautés et la survie du pays. Elle estime qu’il est temps de reconnaître pleinement leur contribution dans l’histoire nationale et dans les luttes contemporaines.
Malgré la gravité des constats présentés, l’OFUEEED affirme vouloir poursuivre son engagement auprès des populations vulnérables, particulièrement les femmes, les filles et les enfants déplacés internes, dans un pays confronté à des défis sociaux et humanitaires sans précédent.
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