La guerre au Moyen-Orient continue de faire des victimes, y compris parmi les professionnels de l’information. Ce samedi 28 mars, trois journalistes ont été tués dans une frappe de l’armée israélienne visant leur véhicule dans la région de Jezzine, au sud du Liban.
Selon une source militaire citée par l’AFP, la journaliste d’Al-Mayadeen, Fatima Ftouni, ainsi que le correspondant d’Al-Manar, Ali Choeib, figurent parmi les victimes. Le frère de Fatima Ftouni, également caméraman, a lui aussi perdu la vie dans cette attaque.
Les deux médias concernés ont confirmé ces décès. Al-Mayadeen a annoncé la mort de sa journaliste via sa chaîne Telegram, tandis qu’Al-Manar a rendu hommage à son correspondant de guerre, présenté comme l’un des plus anciens de la rédaction.
De son côté, l’armée israélienne a affirmé que l’un des journalistes tués, Ali Choeib, était membre de la force al-Radwan, une unité d’élite du Hezbollah. Elle l’accuse d’opérer « sous couverture de journaliste » et d’avoir exposé les positions des soldats israéliens dans le sud du Liban.

Ces déclarations ont suscité une vive réaction des autorités libanaises. Le président Joseph Aoun a dénoncé un « crime flagrant » et une « violation du droit international », rappelant que les journalistes bénéficient d’une protection spécifique en période de conflit armé.
Cette frappe s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah. Elle intervient quelques jours après qu’une frappe israélienne, survenue le 19 mars, a blessé deux journalistes de la chaîne russe RT, une attaque que Moscou a qualifiée de non accidentelle.
Les journalistes des médias libanais Al-Mayadeen et Al-Manar ont déjà été pris pour cible à plusieurs reprises. En octobre 2024, trois reporters avaient été tués dans une frappe à Hasbaya. Un an plus tôt, en novembre 2023, deux autres journalistes d’Al-Mayadeen avaient également perdu la vie dans des circonstances similaires dans le sud du Liban.
Au niveau mondial, la situation reste préoccupante. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 129 journalistes et employés de presse ont été tués en 2025, les deux tiers de ces décès étant attribués à des frappes israéliennes.
Cette nouvelle tragédie illustre une fois de plus les risques extrêmes auxquels sont exposés les journalistes en zone de guerre, malgré les protections prévues par le droit international humanitaire.