À l’approche du Fête de l’Agriculture et du Travail, le Jardin botanique des Cayes, haut lieu de biodiversité dans le Grand Sud, est ravagé par des actes de destruction, compromettant un patrimoine écologique et scientifique majeur.
Traditionnellement, le 1ᵉʳ mai représentait un moment fort pour les habitants des Les Cayes et ses environs. Familles, élèves et universitaires s’y donnaient rendez-vous pour célébrer la richesse de la biodiversité nationale, perpétuant une tradition vieille de plus de vingt ans. Après plus de deux décennies d’existence, le Jardin botanique des Cayes n’est désormais plus qu’un souvenir. Véritable sanctuaire de biodiversité, ce site unique abritait des espèces végétales endémiques et constituait un centre d’apprentissage incontournable pour les passionnés de nature, les étudiants et les chercheurs. La disparition du jardin a été rendue publique par William Cinéa sur le réseau social Facebook. Les images partagées montrent un paysage dévasté : flammes, végétation calcinée et destruction totale des installations, témoignant de l’ampleur des dégâts et d’une perte irréparable pour le patrimoine naturel national.

Selon les informations disponibles, le terrain sur lequel était implanté le jardin n’appartenait pas à William Cinéa. Dès 2025, l’agronome avait alerté sur un conflit foncier imminent. Le propriétaire du site avait entamé des travaux de construction et tenté d’expulser l’équipe gestionnaire. La situation a finalement dégénéré : le contrôle du terrain a été repris, des projets personnels lancés, et le jardin a été entièrement détruit par le feu. Situé dans la ville des Les Cayes, ce jardin représentait bien plus qu’un simple espace vert. Il constituait un véritable laboratoire à ciel ouvert, dédié à la conservation, à la recherche scientifique et à l’éducation environnementale. Sa disparition marque un recul significatif dans les efforts de préservation de la biodiversité en Haïti.

Au-delà de l’émotion, cette tragédie met en lumière une problématique plus large: l’urgence de repenser les politiques de protection environnementale et de sécurisation des espaces écologiques dans le pays. Sans mesures concrètes, d’autres initiatives similaires pourraient connaître le même sort, effaçant progressivement des pans entiers du patrimoine naturel haïtien.

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