La Plaine du Cul-de-Sac est à nouveau le théâtre de violents affrontements entre gangs rivaux, dans un contexte de détérioration continue de la sécurité en périphérie de Port-au-Prince. Depuis le 19 avril, des échanges de tirs nourris et des actes de violence ciblée ont plongé plusieurs localités dans la peur, contraignant des centaines de familles à abandonner leurs habitations.
Parmi les dégâts recensés, la société Rhum Barbancourt a confirmé que plusieurs parcelles de canne à sucre ont été incendiées par des individus armés. Ces plantations constituent une ressource essentielle pour la production de l’entreprise, emblématique du patrimoine agro-industriel haïtien. Toutefois, la compagnie se veut rassurante: ni les installations de production ni les infrastructures stratégiques de la distillerie n’ont été touchées jusqu’à présent. Dans une communication officielle, les dirigeants de l’entreprise ont indiqué suivre de très près l’évolution de la situation. Ils insistent sur le fait que la sécurité des employés, de leurs proches et des communautés riveraines demeure leur priorité absolue. Des mesures internes de vigilance auraient été renforcées afin de prévenir tout impact direct sur les opérations. Sur le terrain, la réalité est plus préoccupante pour les populations locales. Les affrontements ont déjà provoqué un nouveau déplacement interne de civils, qui viennent s’ajouter à une population déjà fragilisée par des mois d’instabilité.

De nombreuses familles se réfugient dans des abris de fortune, des écoles ou chez des proches, dans des conditions souvent précaires et marquées par le manque d’accès aux services de base. Cette pression accrue sur les espaces d’accueil, déjà saturés, soulève des inquiétudes croissantes sur le plan humanitaire. Le manque d’eau potable, de nourriture et de soins de santé constitue un risque majeur pour ces populations déplacées, en particulier les enfants et les personnes âgées. Au-delà de l’impact immédiat, ces violences pourraient également avoir des répercussions économiques non négligeables. La destruction de cultures agricoles, notamment de canne à sucre, menace les chaînes d’approvisionnement locales et pourrait affecter à moyen terme certaines activités industrielles, malgré les assurances données par Rhum Barbancourt. 

Alors que les affrontements se poursuivent dans la Plaine du Cul-de-Sac, les appels à une intervention urgente des autorités et à un renforcement des dispositifs de sécurité se multiplient. Pour les habitants, la priorité reste claire: retrouver un minimum de stabilité et pouvoir regagner leurs foyers en toute sécurité.

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